Epicure  à  Nausicrate, salut.

 

 

  Grâce à toi, et à ta diligente amitié, j’ai pu avoir régulièrement des nouvelles de notre excellent Pyrrhon que nous aimons et admirons tous pour la vertu  exemplaire de sa conduite. Parmi les vivants de notre triste époque Pyrrhon est certes l’un des plus admirables, et des plus sages. Il n’a pas  cette forfanterie un peu agaçante de Diogène, il n’étale pas sa science, il n’a pas davantage la rapacité des sophistes, il est pauvre par choix, réservé par nature, économe de ses paroles, et en tout point équilibré, mesuré, discret, et admirable. Mais si je loue sans réserve cette qualité exceptionnelle de vie, j’avoue sans ambages que la disposition de son esprit, telle qu’elle s’exprime dans son éthique personnelle, me reste relativement impénétrable. Tant qu’il professait des idées démocritéennes sur les atomes et le vide, la pluralité des mondes, l’infinité de l’univers, la nature corporelle de l’âme et autres choses semblables, idées qui inspiraient une éthique résolument pragmatique, je n’avais rien à redire, même si de ci de là nous pouvions nous disputer sur un point de doctrine, la question du tourbillon par exemple, ou le mouvement de déclinaison des atomes. Sur le fond nous étions d’accord et heureux de l’être. Mais j’ai ouï dire que sa rencontre avec les gymnosophistes de l’Inde avait profondément modifié sa façon de voir, qu’il n’était plus certain de rien, que les atomes lui apparaissaient de plus en plus comme de simples constructions rationnelles sans fondement et que de manière générale il professait une indifférence générale à l’égard de toute forme de savoir Si je ne connaissais le bonhomme, la rigueur impitoyable de sa pensée, l’honnêteté foncière de sa démarche, je croirais qu’il a versé dans quelque turpitude mystique et jeté l’enfant avec l’eau du bain. J’ai bien du mal à croire que notre Pyrrhon puisse trahir la belle tradition démocritéenne, rejeter la vision corporelle des choses pour se laisser happer par quelque chimère crypto-religieuse. Tout cela m’inquiète au plus haut point, d’autant que toi-même, à ce que je crois savoir, tu balances entre mes idées et les siennes, ne sachant plus s’il faut te fier à Pyrrhon ou à Epicure. Il m’est très désagréable de me poser en contradicteur de Pyrrhon, dont je ne dirai jamais assez combien je l’estime, il m’est extrêmement douloureux de te parler et te presser de la sorte, au regard de notre beau passé de philosophes, d’amis philosophes épris de vérité et de liberté. Quant à moi je ne puis un instant imaginer trahir notre cause, et jusqu’au dernier souffle je défendrai ma théorie  physique de l’univers, la mortalité de l’âme, et ma vision toute naturelle du bonheur.

Parfois je me demande avec tristesse ce qu’il restera de cette belle construction après ma mort. J’aimerais être digne moi-même de la beauté de cette incomparable sagesse, la première peut-être qui soit à la mesure de l’homme tel qu’il est, la première qui enseigne que le bonheur est possible sans les dieux, sans la religion et sans l’immortalité. Je crains que de tristes sires ne s’emparent de ma pensée, déforment mes écrits, soit dans le sens d’une vulgaire apologie d’un plaisir sans norme ni beauté, comme semble l’enseigner Aristippe de Cyrène, soit en tirant le tout vers une nouvelle idéologie de la vertu, à la manière des gens du Portique, apprentis sorciers d’une nouvelle religion cosmopolitique. Tu le vois, mon cher Nausicrate, la question est d’importance, et dépasse largement les inquiétudes de ma modeste personne. Il y va de l’avenir même de notre humanité, toujours tiraillée entre le monde de la bestialité, à la manière des Cyniques, et celui de la divinité, cher aux Socratiques de toute farine, qui nous abreuvent de discours moraux sur la peur des dieux, le jugement éternel, la faute et la culpabilité, entretenant cette funeste peste qui a été le lot, jusqu’à ce jour, de tous les hommes qui nous ont précédés. J’ose espérer que toi, Nausicrate, tu sauras résister aux sirènes de la superstition, et tel Ulysse te faire attacher au mat de la vérité pour ne pas te laisser entraîner dans l’Hadès de la sottise.

 

J’ai écrit à Pyrrhon voici deux mois et je n’ai aucune nouvelle de lui. Je suppose qu’il est encore en Asie Mineure, bien que je ne comprenne pas un instant ce qu’il peut bien espérer de cette morne équipée vouée au pire. Peut-être est il rentré depuis longtemps à Elis, et dans ce cas ma lettre ne lui parviendra jamais. Je sais que tu le connais mieux que moi. Excuse moi de me servir si cavalièrement de tes affinités pour te demander quelque nouvelle de notre Sage Oriental. Je te suis infiniment reconnaissant de tout, et de tout ce que tu pourras m’écrire. Ici tu nous manques beaucoup. Nous espérons te voir au plus tôt. Porte toi bien.

 

 

                                                        XI

 

 

                                      Epicure à lui-même.

 

Méditation et conversation sont les deux mamelles de la philosophie. Il m’est parfois assez difficile, je l’avoue, de tenir le rang que mes disciples exigent de moi, me demandant d’être à la fois un exemple, un maître, un confident, un médecin de l’âme, un père, un directeur de conscience et un guide. La charge est lourde, surtout quand je pense à ces nombreuses communautés qui voient le jour aux quatre coins du monde grec, et même au delà, en Syrie, en Cappadoce et jusque chez les Scythes. Bien sûr, j’ai tout lieu de me réjouir d’une telle extension de la doctrine, de la popularité croissante de mes idées, du surgissement de nouvelles communautés d’amitié philosophique. Même les femmes, des épouses en rupture de ban, d’anciennes courtisanes dégoûtées du commerce du sexe, des jeunes filles de toutes catégories sociales se présentent à la porte du Jardin pour mener la vie belle et bonne. Même des esclaves, des affranchis, des ruffians repentis, des mignons, des débauchés rejoignent la troupe de mes élèves et gagnent par leur pratique  assidue le titre d’amis. Ils n’ont aucune nostalgie de leur vie passée, ils n’envient personne, se contentent de peu, et découvrent le véritable plaisir, celui que les dieux mêmes enseignent aux mortels. J’ai tout lieu de me réjouir puisque je réalise jour après jour le programme de la philosophie

Pourtant je suis parfois assailli par une crainte diffuse. Et de cela je ne puis parler à personne. Le Maître lui-même a parfois besoin d’un Maître, non pour le diriger, car il sait depuis longtemps se diriger par lui-même, mais pour l’écouter simplement, amicalement, et le laisser parler assez longtemps pour qu’il trouve de lui-même la bonne solution. Nul ne peut se passer d’une oreille attentive, alors même que les conseils nous sont presque toujours inutiles, et comme le dit fort bien le proverbe : les conseils ne font de bien qu’à ceux qui les donnent. Je n’ai que faire de conseils, mais j’aimerais qu’un ami soit là pour m’entendre, car moi aussi j’ai mes heures difficiles, mes doutes et mes angoisses. A défaut d’ami à ma mesure, et puisque décidément Pyrrhon suit une voie toute autre que la mienne, je reviens à l’exercice indispensable de la méditation solitaire. Je serai à moi-même ma bouche et mon oreille. Je tirerai de moi les ressources dont j’ai besoin.

 La source de ma philosophie, la thématique originelle de ma pensée, l’alpha de mes recherches, c’est la crainte. C’est de là que je pars, c’est de cette expérience fondamentale que je nourris ma réflexion. Trouver une solution à la crainte, vaincre la crainte, c’est là le sens de l’effort philosophique. Si l’homme n’était habité, et dès l’origine, par cette passion funeste nous n’aurions que faire de la pensée, et nous vivrions comme les dieux. J’ai identifié deux craintes cardinales : la crainte des dieux et la crainte de la mort. A ces deux craintes j’ai trouvé l’explication et le remède. Toute la crainte vient d’une erreur d’interprétation, d’un délire de projection. Nous craignons les dieux parce que la religion a enfanté d’effroyables chimères, des mythes terrifiants pour nous soumettre aux pouvoirs en place.. Il suffit de comprendre que les dieux, s’ils existent, sont d’une nature telle qu’ils n’ont rien de commun avec les hommes, qu’ils vivent heureux et comblés dans les intermondes, dieux oisifs, dieux sages qui n’ont que faire de nos petites misères. D’aucuns se moquent quelquefois de cette conception quasi poétique. A défaut de savoir vraiment, il vaut mieux se doter d’une théorie qui est en accord avec les thèses sensualistes fondamentales et qui nous laisse quelque chance d’être heureux, là où les superstitions nous plongent dans une infinité de souffrances. Quant à la mort, nous la craignons parce que nous nous imaginons immortels, et donc voués aux tourments de l’Hadès. C’est la physique, et la physique seule qui nous délivre de ces chimères oppressantes, en nous révélant la nature corruptible et mortelle de tous les corps. Si nous ne sommes  que des corps, et nous ne saurions être autre chose, nous naissons et nous mourons sans reste. Dès lors pourquoi redouter des châtiments qui ne menacent personne. Il suffit d’admettre que la mort est radicale et définitive.

Tout cela je l’ai enseigné cent fois, et le premier palefrenier venu peut le réciter sur tous les tons. Mais est-ce compris ? Cela paraît si simple, et pourtant… Pourquoi faut-il revenir cent fois à l’évidence pour dissiper les craintes résurgentes, comme si l’argument n’épuisait pas entièrement la source, et que d’autres craintes naissent sans fin pour nous polluer la vie. Moi-même je ne suis pas entièrement convaincu par mon argumentaire, mais il m’est strictement interdit d’en parler à quiconque. Je dois garder par devers moi les doutes qui m’étreignent, et tâcher de me guérir par moi-même.

 Sans doute la crainte a-t-elle une autre source encore, que j’ai du mal à pénétrer. Peut-être faut-il chercher du côté de la naissance, comme je l’ai laissé entendre à demi mot dans ma lettre récente à Xénias. Mais la chose est plus complexe qu’il n’y paraît. Si la naissance est une déchirure, c’est que nous venons au monde avec une béance originelle que nous cherchons à colmater mais qui peut se rouvrir à la première expérience difficile. Nous passerions notre vie à cicatriser une plaie qui se rouvre sans cesse, tel Prométhée sur son rocher, dont le foie interminablement rongé par un vautour  repousse sans cesse pour être interminablement dévoré. Tout homme serait un Prométhée enchaîné. D’où le malheur infini de la destinée humaine. D’où la haine et la peur inextinguible des dieux. Mais alors, quelle solution ?

 Le mythe nous laisse l’âme déchirée par le désespoir, vouée à demander aux dieux un apaisement qui ne saurait venir. Tous les pouvoirs s’en nourrissent, à la nausée. Il faut refuser courageusement les fausses solutions, les illusions consolantes, les images trompeuses de la protection et de la sécurité. Cette plaie originelle, c’est la mort elle-même, la mort à venir,  inscrite dès l’origine dans notre chair. Nous ne voulons ni la plaie ni la mort. Nous nous voulons pleins et entiers comme la Sphère sacrée de Parménide. Aussi inventons-nous des paradis célestes ou terrestres qui nous assurent une fallacieuse immortalité. Et ainsi nous entretenons cette angoisse dont nous voulions guérir. Le remède est pire que le mal. L’affaire est entendue : pas de réconciliation possible avec les prêtres, les devins, les marchands d’illusions, les prévaricateurs de la dette éternelle.

Mais alors ? Alors il y a l’autre solution, plus difficile, mais seule digne de nous. La blessure est sans remède. Soit. La citadelle est sans défense. Soit, prenons acte de notre mortalité, et tirons-en les indéniables avantages. Nous ne pouvons espérer combler la béance. Mais nous pouvons vivre avec elle, et peut-être vivre mieux qu’il n’y paraît. Pour cela il faut prendre quelques décisions décisives.

Construire le Moi. Comme une maison, il aura ses portes et ses fenêtres, sa cheminée, ses murs et sa toiture. Il est à la fois ouvert et fermé, comme sont toutes les formes de la nature. Tout corps est un agrégat temporel, avec sa structure provisoire mais ferme, sa durée naturelle et son terme inévitable. Ainsi nous sommes. Ainsi nous serons.

Construire le Jardin. De même que le moi est un agrégat résistant, éphémère et solide à la fois, le Jardin est une communauté d’amis, une configuration d’atomes, un pseudo-monde organisé, qui procure un certain nombre d’avantages à ses membres, et au premier chef, la sécurité. Toute relative d’ailleurs, puisque la sécurité absolue, c’est le non-être. Le Jardin a lui aussi ses portes et ses fenêtres. Il est un espace fermé et ouvert, un lieu d’échange, un organisme vivant.

Construire la constellation des Jardins, ce quasi-univers organisé, souple et vivant, et qui opposera à la stupidité ambiante la perfection de ses assemblages harmonieux, de son équilibre et de sa beauté. Sublime ramification de la grande fleur de sagesse, qui devrait inspirer le monde et le tirer vers le haut.

Tel est mon programme. J’en connais la beauté et la fragilité. Il est exactement comme ces fleurs qui surgissent à la surface des marais, s’épanouissent en grappes multicolores, se diversifient et se multiplient, jusqu’à l’apogée, avant de décliner comme l’automne. Rien ne dure en ce monde, et la beauté elle même est vouée à périr. Mon enseignement périra comme tout le reste. Mais il aura illuminé ce monde de décrépitude, et s ‘il disparaît, il laissera peut-être quelque trace qui inspirera plus tard un génie nouveau. Et celui là, j’en suis sûr, fera renaître la civilisation.

 

 

 

                                                 XII

 

 

                             Epicure  à  Timon de Phliunte, salut.

 

 

Ce n’est pas d’un grand courage que de s’abriter derrière la renommée de Pyrrhon pour te livrer de la sorte à des attaques calomnieuses à l’adresse des autres philosophes. Quant à moi je ne vois pas ce qu’il y aurait d’infamant à être né d’un père grammairien et maître d’école ! Je vois simplement que tu ne recules devant aucune mièvrerie pour placer un bon mot et faire rire aux dépens d’autrui. Cet histrionisme serait simplement pénible s’il ne se réclamait indûment de notre cher Pyrrhon, qui, j’en suis sûr, désapprouverait sans réserve tes ricanements et tes mauvais jeux de mots !

Mais laissons cela, qui n’amusera que les pauvres d’esprit. Je voudrais répondre plutôt sur le fond. Tu fais semblant de mal me comprendre en m’attribuant une doctrine qui je n’ai jamais professée. Si j’affirme en effet que toute la nature est d’essence matérielle, quand je dis que tout ce qui apparaît et disparaît dans le vaste univers est corporel, y compris la sensibilité et la pensée, je ne dis pas pour autant que la pensée et autres phénomènes subtils du même genre puissent être assimilés à un vulgaire assemblage de fibres ou de tissus organiques. Nous sommes victimes d’un préjugé qui nous fait croire que tout ce qui est corporel est visible, tangible ou apparent. Nous ne voyons pas le son se propager à travers l’espace. Est-ce une raison de lui refuser une nature corporelle ? Nous ne voyons pas davantage les atomes, et pourtant comment expliquer autrement la structure complexe des corps ? De la même manière, nous pouvons et devons penser que les émanations de notre sensibilité et de notre cerveau ont un statut comparable. On peut fort bien imaginer que le son se propage, que les couleurs sont comme de subtiles ondes qui viennent frapper notre rétine, que la pensée est une onde lumineuse qui trouve sa source dans l’activité de notre cerveau et qui voyage comme la lumière à travers l’immensité du vide. Nous ne voyons pas le vent, et pourtant il hurle à nos oreilles, arrache les toits des maisons, et propage l’écho à de grandes distances. Je constate simplement qu’une pensée n’existe pas sans organe physique, ce qui bien sûr ne signifie pas que la pensée soit réductible à un organe physique, mais qu’elle en est d’une certaine manière le fruit. Si je meurs de faim je ne pense plus qu’à manger, jusqu’au moment où je mourrai effectivement, et alors la pensée s’arrêtera avec la vie. Voilà ce que je veux dire : nous ne savons pas bien ce qu’est la sensibilité, la perception, le sentiment et la pensée, mais rien ne nous autorise à les déclarer d’une autre nature que les phénomènes proprement physiques, ce qui serait ramener dans la nature, et de force, une dualité de principes que rien ne justifie. Quel déshonneur y a t-il pour l’humain à se reconnaître participant, avec les plantes et les animaux, et même les dieux, de la même et unique nature universelle ? Quelle est cette étrange prétention qui nous fait mépriser le corps, la réalité physique et l’univers entier sous prétexte qu’ils ne sont pas suffisamment « divins » à notre goût ? Je vois là les ravages d’une certaine idéologie d’inspiration religieuse qui se survit indéfiniment de ne pouvoir se résoudre au deuil de la divinité. Tout le malheur vient de ce que les hommes se prennent pour des dieux !

Notre esprit est plein de vent et de fabulations délirantes. Nous vivons à la manière des somnambules, confondant le jour et la nuit, parlant en rêve, et sans savoir que nous parlons. Notre imagination est folle et débridée, soumise aux influences des simulacres qui voltigent en tous sens, comme des poussières dans la lumière du soleil. Et comme ivres, nous titubons, en proie aux démons et aux hallucination, sauf à ouvrir enfin les yeux et à étudier sérieusement la structure des corps innombrables qui nous entourent, et de notre propre corps, physique et mental, dont les lois devraient régler sagement notre conduite. Bien sûr, notre vie mentale ne se réduit pas au fonctionnement d’une machine. Bien sûr nous sommes travaillés par d’obscures tendances, des émotions plus ou moins incompréhensibles, des forces puissantes et parfois ravageuses, mais nous découvrons aussi un certain pouvoir sur nos représentations, qui nous assure un équilibre, précaire et toujours menacé, mais équilibre tout de même. Autrement, à quoi servirait la médecine des corps, et cette autre médecine que je recommande sans cesse, cette médecine de l’âme qu’on appelle philosophie ?

Hippocrate a beaucoup fait pour révéler les lois de l’organisme physique. Mon propos est de révéler progressivement les lois de l’esprit, ou de l’âme, si tu préfères l’appeler ainsi. Qu’est ce que la sensation ? Qu’est ce que la perception ? La mémoire ? Le sentiment, l’émotion, la passion ? Pourquoi faut-il se méfier des passions, régler l’affectivité, tendre vers l’ataraxie ? Quelle hygiène mettre en place, comment soigner les délires, les extravagances de la déraison, les hallucinations et les désordres de l’âme ? Tu vois, mon cher contradicteur, notre philosophie a de quoi alimenter nos jours et nos nuits. Et après tout, ne sommes nous pas, Pyrrhon et toi, et moi-même, les dignes héritiers de ce Démocrite qui observait les mouvements des vents et des nuages, les climats et les saisons, qui fouillait les entrailles des animaux et scrutait les profondeurs obscures de l’âme humaine ? Arrête donc de ricaner sur les « petits maîtres d’école », et mets toi plutôt à l’étude sérieuse et patiente de la nature, notre seule éducatrice en tous domaines.

 

 Porte-toi bien