Chers amis, je publie sur une dizaine de jours ce petit opuscule jubilatoire pour votre plaisir et le mien. Puisse-t-il vous apporter quelque consolation en cette période d'incertitude et témoigner de l' indéracinable possibilité de vie. Plus que jamais sagesse et amitié sont nécessaires pour conserver en nos coeurs dignité et vaillance! Je rêve souvent d'une métaphilosophie actuelle, absolument moderne, et qui, inspirée par les grands antiques, saurait renouveler notre pensée et la porter à la hauteur où eux-mêmes ont su  s'élever. Je me récite aussi bien des fois ce poème de Hölderlin, où, examinant l'histoire de la Grèce ancienne et de son déclin il s'écrie : "Ils ont voulu édifier un monde de l'art/ Et par eux le naturel fut chômé/ Et la Grèce, sublime beauté/ à la fin périclita". Ce qui signifie clairement qu' à trop forcer la disposition artistique on finit par perdre le naturel qui est la source nécessaire et vivante de la création. De la sorte on ruine toute possibilité de vie et on précipite la culture dans l'abîme.

L'époque hellénistique nous offre tout particulièremet l'image d'un monde travaillé par les aspirations antagonistes d'Eros et de Thanatos. Alexandre est à la fois l'acmée d'un monde de l' art et le début d'une irréversible catastrophe. Moment exceptionnel, dont, en contrepoint, Diogène, Anaxarque, Epicure et Pyrrhon révèlent avec éclat et l'origine et la fin proche. GK